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Le Sénégal, partie de l’AOF

Les français créent St.-Louis, comptoir à l’embouchure du fleuve Sénégal, en 1638. Quelques décennies plus tard, ils occupent aussi l’île de Gorée. À partir de 1854, le gouverneur Louis Faidherbe fonde Dakar [voir carte], il entreprend la conquête des territoires des wolofs et jette les bases de la future Afrique Occidentale Française (fédération qui regroupera de 1895 à 1958 le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan (ancien Haut-Sénégal-Niger), la Haute-Volta, le Niger, la Guinée française, la Côte d’Ivoire et de Dahomey).

Quelques villes sénégalaises deviennent ainsi des ports d’exportation des monocultures dominantes, notamment celle de l’arachide. En 1880, plus de 23.000 tonnes d’arachides étaient expédiées sur le port de Rufisque,  tandis que l’autre grand centre sénégalais de cette époque -St. Louis- n’en traitait que 6.000. À cause de cette spécialisation, les sols (avec un écosystème déjà fragile) ont subi des dégâts presque irréversibles.

L’héritage colonial s’affirme avec des traces sur le parcellaire et la voirie urbaine, quelquefois avec des plans en damier que l’on peut reconnaître, par exemple, au centre historique de Rufisque.

Au Sénégal, quatre communes (St-Louis, Gorée, Dakar et Rufisque) ont eu la particularité que ses habitants ont été citoyens français et ont envoyé un député à l’Assémblée nationale de la République Française des colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Le pays gagnera son indépendance en 1960 et Léopold Sédar Senghor devient son premier président. Il sera aussi un théoricien de la question de la négritude.

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

Léopold SEDAR SENGHOR

* Consultez une brève histoire du Sénégal.

* Consultez ce site sur le centre-ville de Rufisque.

* Regardez une présentation autour de la colonisation du Sénégal.

Goya, graveur

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À l’époque classique, la gravure n’était pas considérée comme une discipline digne de figurer parmi les activités artistiques de tout premier plan. Elle était surtout utilisée pour la réalisation d’illustrations et comme un moyen de reproduction peu coûteux, ou comme support d’inspiration car les peintres, qui possédaient tous dans leurs cartons des gravures italiennes ou flamandes, les utilisaient en totalité ou pour partie dans leurs compositions sur toile.
Nous savons que Goya exécutait le plus souvent un dessin préparatoire, c’est le cas pour les Caprices ou les Désastres, avant de passer à la gravure. Chez Goya, la gravure fait donc partie intégrante de sa création, tout comme la peinture, et s’affirme comme un domaine à part entière au sein de son intense activité créatrice.
Pour réaliser la plus gande partie de son œuvre, Goya a utilisé quatre techniques : le burin, l’eau-forte, l’aquatinte et la lithographie [regardez les techniques sur ce site pour la mise en commun].

(Source).

* Découvrez un “Caprice” de Goya.

* Un diaporama sur les “Caprices” de Goya. Et un autre sur les “Proverbes”.

* Voici une présentation sur les “Désastres de la guerre”.

1830 / 1848…

– La révolution de 1848 en France.

– L’unification de l’Allemagne:

C’est Bismarck, chancelier du royaume de Prusse, qui est l’artisan de cette unité. Il convainc le roi, Guillaume de Prusse, d’accepter le sacre et de devenir l’empereur des Allemands. La France vient de capituler à Sedan le 2 septembre. Le “chancelier de fer” fait réunir les princes allemands qui acclament le nouvel empereur dans la galerie des glaces de l’ancien palais royal.

C’est dans le château de Versailles, en France, qu’est proclamé l’Empire allemand en janvier 1871. [Regardez un tableau sur cela] Cet acte dans ce lieu si symbolique de l’histoire de France est une revanche de l’Allemagne.

– L’unité italienne. Voici des cartes qui nous montrent l’évolution de l’unification.

* Voir un document sur histgeographie.com

Les “désastres de la guerre”

Parmi les différentes techniques de gravure, Goya a choisi l’eau-forte (d’aqua fortis, terme désignant à l’origine l’acide nitrique) pour représenter les 80 estampes des Désastres de la guerre. Réalisées pendant une troublée période de l’histoire de l’Espagne (le moment de la guerre de l’indépendance contre l’armée napoléonienne), elles nous montrent aussi la vision de l’auteur, assiégée par les fantômes de l’ignorance et le mauvais gouvernement, incarnés sur la peau des prêtres et des absolutistes. Un grand cri contre la guerre s’entremêle avec la critique sociale et politique contre les classes sociales (clergé, noblesse) qui oppriment les gens du peuple, les seuls qui se battent vraiement contre l’invasion française.

* Voici un résumé de la série (en français) et un autre étude plus précis (en espagnol).

* Plus en profondeur, un étude de Jean-Philippe Chimot.

* Regardez les ressources que le Museo de Belas Artes de A Coruña met à votre disposition: http://museobelasartescoruna.xunta.es/index.php?id=499

Ouvriers… et orphelins

Informez-vous sur “Oliver Twist” et écoutez des extraits!

La première révolution industrielle concerne essentiellement le Royaume-Uni dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Elle a été permise grâce aux profits tirés de l’agriculture et du commerce et repose sur le charbon et la machine à vapeur, mise au point par James Watt en 1769. De nouvelles machines dans le secteur du textile, de la sidérurgie sont développées. C’est l’apparition des “pays noirs” comme le Pays de Galles. Plus tardivement, au milieu du XIXème siècle, cette révolution s’étend à d’autres pays comme l’Allemagne et la France.

Vers 1880, une deuxième révolution industrielle s’étend;  elle repose sur des nouvelles sources d’énergie: le pétrole et l’électricité. C’est aussi l’époque du développement de l’automobile, de la chimie et des machines-outils. Les États-Unis prennent à ce moment la tête de la course de l’industrialisation.

– Consulte un dossier sur la révolution industrielle

– Une autre vision de  l’Angleterre dans l’âge industriel, d’après Engels. Voici une façon d’envisager la rédaction d’un commentaire sur ce texte.

* Livre interactif: Ma vie d’ouvrier (1) (pages 22-23: textes sur la relation bourgeoisie / prolétariat; pages 63-64: extrait du roman “Oliver Twist”).

* Un résumé du Manifeste Communiste.

* L’analyse d’une oeuvre d’art de Turner.

– Une question: on pourrait considérer vraiement différentes les conditions de travail des ouvriers qui fabriquent des jouets en Chine de celles que nous avons trouvé chez les ouvriers éuropéens du XIXème siècle?

Libéralisme et nationalisme

“Le XIXe siècle voit l’avènement du modèle libéral. Les principes issus des Lumières ont été propagés dans toute l’Europe par la Révolution et l’Empire napoléonien, et malgré les restaurations de 1814-1815, le retour à l’absolutisme est devenu impossible dans nombre de pays. Le libéralisme, puis l’idéal démocratique s’imposent peu à peu malgré des résistances. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les régimes se démocratisent progressivement jusqu’à adopter pour nombre d’entre eux le suffrage universel masculin. Même si, en 1914, l’Europe n’est pas encore à proprement parler démocratique, le monde nouveau libéral a vaincu le monde ancien monarchique.”

Source: http://www.philisto.fr/cours-51-regimes-politiques-et-ideologies-dans-l-europe-du-xixe-siecle.html

Le nationalisme a sa naissance avec la révolution française, parce qu’elle se fait au nome de la nation (le Tiers État). Le principe national est exporté aux “peuples opprimés”. Ce sera l’inspiration des mouvements d’unification allemands et italiens. Les revendications de la révolution de 1848 sont surtout politiques, puisqu’elles expriment des revendications démocratiques et nationales. Une double volonté s’affiche: celle de transformer les monarchies absolues en monarchies constitutionnelles et celle de remanier la carte de l’Europe sur le principe de nationalité (le droit à l’unité et à l’indépendance des “peuples unis par une race, une langue, une histoire et des traditions communes). L’Empire de l’Autriche, autoritaire et multinational, est placé à ce moment au coeur de la tourmente.

Les principales idéologies politiques au XIXème siècle.

Résumé: L’éveil des nationalités (1830-1848).

Un résumé de l’unification de l’Allemagne et une fiche de travail.

Aux barricades!

La convocation des États Généraux en 1789 afin de résoudre la crise budgétaire de l’État français deviendra l’éclair de départ de la révolution française. Un des moments le plus symbolique est celui du “Serment du Jeu de Paume”, préface de la constitution de la première Assemblée Nationale:

Plus tard, la révolution instaurera la République, devant la menace des contre-revolucionnaires, même le roi. Voici “La Carmagnole”, une chanson révolutionnaire anonyme et très populaire créée en 1792 quand l’Assemblée nationale vote la Convention et décrète l’arrestation du Roi. Originaire du Piémont, ce chant gagne d’abord la région de Marseille, avant d’atteindre Paris. Elle se popularise ensuite dans toute la France après la chute du trône pour devenir un hymne des sans-culottes. Lors de ces épisodes révolutionnaires qui secouèrent le XIXe siècle français, elle réapparait en s’ornant de nouveaux couplets:

* Pour connaître le calendrier républicain, regardez cette vidéo:

* Voici la frise chronologique [seulement si vous avez le nom d’utilisateur et mot de passe]

1789, la révolution

La révolution française de 1789 perturbe “l’ordre” de l’Ancien Régime. 1789 est l’an de la convocation des États Généraux, oú le Tiers s’intitule « Assemblée nationale » après le serment du Jeu de Paume; c’est le début de la révolution et aussi la fin de l’Ancien Régime, provoquée par l’incapacité de la royauté à se moderniser, l’influence des Lumières et des mouvements vers la conquête de la démocratie (États-Unis, Angleterre).

Après l’abolition de l’absolutisme, la révolution engage la Nation dans un système politique parlementaire, représentatif et plus just, en passant par la Monarchie Constitutionnelle, puis par la République. Le “tiers état” prend conscience de sa force et refuse les privilèges de l’ancienne aristocratie; la “Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen” proclame la liberté et l’égalité des personnes; l’abolition des droits seigneuriaux, les corvées et le dîme remue les ciments du pouvoir de la noblesse; les réorganisations administratives, judiciaire et fiscale, la nationalisation des biens du clergé, conviennent les bases d’une nouvelle organisation qui comporte la laïcisation de l’État, la promotion du suffrage presque universel et la réorganisation de l’enseignement primaire et des “grandes écoles”.

Mais dans la Révolution il y a aussi des actes sanglants, des manifestations extrêmes de pouvoir et de violence comme celle de la Terreur.

“Peu d’importance avait le roi. La reine, Marie Antoinette, elle était l’éxecrée. Éxecrée par étrangere, parce qu’elle bâillait pendant les cérémonies réelles, parce qu’elle n’utilisait pas de corset et parce qu’elle avait des amants. Et par ses gaspillages. lui appelait Madame Déficit.
Le spectacle a été très concouru. La multitude a rugi une ovation quand la tête de Marie Antoinette a rooulé aux pieds du bourreau.
La tête nue. Sans collier.
Toute la France était convaincue que la reine avait acheté le bijou le plus cher de l’Europe, un collier de six cent quarante-sept diamants. Ils croyaient aussi tous qu’elle avait dit que si le peuple n’avait pas de pain, il pouvait bien manger des galettes.”

Eduardo Galeano: “Espejos”.

“Les Français ont fait en 1789 le plus grand effort auquel se soit jamais livré aucun peuple, afin de couper pour ainsi dire en deux leur destinée, et de séparer par un abîme ce qu’ils avaient été jusque-là de ce qu’ils voulaient être désormais. Dans ce but, ils ont pris toutes sortes de précautions pour ne rien emporter du passé dans leur condition nouvelle; ils se sont imposé toutes sortes de contraintes pour se façonner autrement que leurs pères; ils n’ont rien oublié enfin pour se rendre méconnaissables.

J’avais toujours pensé qu’ils avaient beaucoup moins réussi dans cette singulière entreprise qu’on ne l’avait cru au dehors et qu’ils ne l’avaient cru d’abord eux-mêmes. J’étais convaincu qu’à leur insu ils avaient retenu de l’ancien régime la plupart des sentiments, des habitudes, des idées mêmes à l’aide desquelles ils avaient conduit la Révolution qui le détruisit et que, sans le vouloir, ils s’étaient servis de ses débris pour construire l’édifice de la société nouvelle; de telle sorte que, pour bien comprendre et la Révolution et son oeuvre, il fallait oublier un moment la France que nous voyons, et aller interroger dans son tombeau la France qui n’est plus. »

Alexis de Tocqueville: L’ancien régime et la Révolution, avant-propos.

* Regarde un schéma sur la révolution.

* Consulte ce site sur la révolution.

* Regarde un livre interactif d’activités sur la Révolution Française.

* On voit Des activités sur la Terreur.

* Activité flash sur le sacre de Napoléon.

Une ville industrielle

La plupart des villes industrielles ont accru autour des usines métallurgiques, sidérurgiques, les filatures ou divers produits manufacturés. Le paysage de la première révolution industrielle devient celui des pays noirs, un peu triste et monotone, comme nous racontait Dickens dans ses « Temps difficiles ». Les plaintes des penseurs et politiciens après sa visite au lieu originaire de la révolution, l’Angleterre, vérifie le raffiné regard des romanciers.

“Coketown (…) était le triomphe du Fait. (…) Coketown était une ville de briques rouges, ou plutôt des briques qui eussent étaient rouges si la fumée et les cendres l’eussent permis; mais étant donné les circonstances, c’était une ville d’un rouge et d’un noir contre nature, telle la face painte d’un sauvage. C’était une ville de machines et de hautes cheminées d’où s’échappaient inlassablement, éternellement, des serpents de fumée qui ne se déroulaient jamais tout a fait. Elle avait un canal noir, et une rivière qui roulait ses eaux empourprées par des puantes teintures, et de vastes constructions criblées de fenêtres qui vibraient et tremblaient tout au long du jour et où le piston des machines à vapeur montait et descendait monotonement comme la tête d’un éléphant fou de mélancolie. Elle comptait plusieurs larges rues toutes fort semblables les unes aux autres, peuplées des gens également semblables les uns aux autres, qui tous sortaient et rentraient aux mêmes heures, en marchant du même pas sur le même trottoir, pour aller faire le même travail, et pour qui chaque journée était semblable à celle de la veille et à celle du lendemain et pour qui chaque année était le pendant de la précédente et de la suivante.”

Charles Dickens: “Temps difficiles”.

“Quelques-unes de ces rues sont pavées, mais le plus grand nombre présente un terrain inégal et fangeux, dans lequel s’enfonce le pied du passant ou le char du voyageur. Des tas d’ordures, des débris d’édifices, des flaques d’eau dormantes et croupies se montrent ça et là le long de la demeure des habitants ou sur la surface bosselée et trouée des places publiques. Nulle part n’a passé le niveau du géomètre et le cordeau de l’arpenteur.

Parmi ce labyrinthe infect, du milieu de cette vaste et sombre carrière de briques, s’élancent, de temps en temps, de beaux édifices de pierre dont les colonnes corinthiennes surprennent les regards de l’étranger. On dirait une ville du moyen-âge, au milieu de laquelle se déploient les merveilles du XIXème siècle. Mais qui pourrait décrire l’intérieur de ces quartiers placés à l’écart, réceptacles du vice et de la misère, et qui enveloppent et serrent de leurs hideux replis les vastes palais de l’industrie ?”

Alexis de Tocqueville: Description de la ville de Manchester en 1835.

– Un texte interactif de Tocqueville sur sa visite à Manchester.

– Faites la comparaison avec cette vision d’Engels sur la même ville et la révolution industrielle en Angleterre quelques ans plus tard.

“En général un homme gagne assez pour faire des épargnes; mais c’est à peine si la femme est suffisamment rétribuée pour subsister et si l’enfant au-dessous de douze ans gagne sa nourriture.
Quant aux ouvriers en ménage dont l’unique ressource est également dans le prix de leur main d’oeuvre, beaucoup d’entre eux sont dans l’impossibilité de faire des économies, même en recevant de bonnes journées. Il faut admettre au surplus que la famille dont la femme est peu rétribuée ne subsiste qu’avec ses seuls gains qu’autant que le mari et la femme se portent bien, sont employés pendant toute l’année, n’ont aucun vice et ne supportent d’autre charge que celle de deux enfants en bas âge.
Supposez un troisième enfant, un chômage, une maladie, le manque d’économie ou seulement une occasion fortuite d’intempérance [manque de sobriété, boisson] et cette famille se trouve dans la plus grande gêne, dans une misère affreuse, il faut venir à son secours…
La proportion d’ouvriers qui ne gagnent pas le strict nécessaire ou ce qu’on regarde comme tel, varie suivant les industries, leur état de prospérité et suivant les localités. Un filateur de Rouen… a trouvé en 1831, époque d’une crise marquée par l’abaissement des salaires, que le 61 % de ses ouvriers employés alors dans sa filature de coton ne gagnaient pas, chacun en particulier le strict nécessaire.”

Villermé: “Tableau de l’état physique et moral des employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie”. Paris, 1840.

“Jusqu’à l’âge de 8 ans, époque où elle a perdu son père, elle est allée à l’école; elle sait passablement lire, mais elle ne sait pas écrire. (…) Tout en elle annonce une constitution affaiblie par les privations, l’excès de travail et les souffrances physiques. (…) Son enfant est pâle, maigre, et toute sa constitution est empreinte de débilité. (…) L’état de mère fille la place au dernier rang de la société : elle rencontre peu de sympathie et de pitié. (…)

L’ouvrière peine à suffire aux premières nécessités de la vie. Son salaire est ordinairement absorbé d’avance par de petites dettes contractées envers les fournisseurs. Son matériel : 12 aiguilles diverses (0,15 F) ; 1 paire de ciseaux (0,50 F) ; 1 pelote de coton (0,15 F) ; 1 dé à coudre (0,15 F). Total, 0,95 F. La plus importante subvention dont profite l’ouvrière consiste dans le paiement de son loyer par un de ses frères. (…) Un couple de chemises lui sont données annuellement par son patron, et des vêtements hors de service, qu’une personne bienfaisante lui envoie de temps à autre, servent à habiller l’enfant. (…) Tout le travail de l’ouvrière est exécuté chez elle, au compte d’un patron, et à la pièce. L’ouvrière monte des chemises d’hommes ou tire des fils [ce qui] n’est confié dans les ateliers qu’aux meilleures ouvrières; c’est le travail le plus fatiguant, mais aussi le mieux rétribué. Avec la couture qui forme les plis des devants, le tirage des fils est payé, à Lille, à raison de 3,50 F les 100 plis. (…) Le temps nécessaire pour tirer les fils et coudre 100 plis est au moins de 20 heures de travail. L’ouvrière, consacrant 10 heures par jour à sa besogne, gagne donc 1,75 F quotidiennement ; mais il y a lieu de déduire un quart de produit pour chômages résultant des déplacements et des maladies. (…)

L’ouvrière et son enfant font généralement quatre repas par jour. Le déjeuner, à 8 heures du matin, se compose d’un peu de pain légèrement beurré qu’ils trempent dans du lait pur ou coupé d’eau de chicorée. Le dîner, qui a lieu à midi précis, consiste en pain et légumes (le plus souvent des pommes de terre) auxquels s’ajoute parfois un peu de viande. Autant que possible l’ouvrière met le pot-au-feu deux fois par semaine, mais avec des morceaux de viande de qualité inférieure (…) Le goûter, vers 4 heures du soir, ne comporte qu’une tartine, longue et mince tranche de pain légèrement beurrée. Enfin le souper, qui se prend ordinairement à 8 heures du soir, se compose, comme le déjeuner, de pain trempé dans du lait pur ou mélangé. L’ouvrière ne consomme aucune boisson fermentée. (…)

L’ouvrière habite à Lille une seule pièce. (…) La surface totale de la pièce est de 10 mètres. (…) Les murs sont absolument nus. Il n’y a point de cheminée ; celle-ci est remplacée par un poêle. (…) Le mobilier a l’aspect le plus triste. (…) Les meilleurs vêtements de l’ouvrière sont engagés au mont-de-piété.”

J. Marseille: « Une vie de lingère »

Voyez d’autres documents sur la révolution industrielle.

– Comme on dirait qu’ils vivent, les habitants de la ville industrielle, dans le XIXème siècle, surtout les ouvriers?

– Qui étaient les auteurs de ces textes?

– Résumez les idées principales des textes en soulignant les phrases plus importantes.

* Regardez ce livre interactif sur la révolution industrielle.