Rébellion

Caricature de Gillray (11 juillet 1808)

Sur la cavea d’un amphithéâtre imaginaire, ceux qui gouvernent l’Europe (le roi d’Angleterre avec le trident de Neptune -il est le roi des mers à cette époque, le tsar de la Russie, même le Pape qui montre une bulle d’excommunication contre le général corse Napoléon, les autorités du monde musulman,…) assistent au moment où l’empereur français -Napoléon- est encorné par l’allégorie de l’Espagne -qui débute en rébellion le 2 mai 1808, le taureau furieux qui vient de piétiner Joseph -le frère de Napoléon, roi d’Espagne après les abdications de Bayonne.

La caricature de Gillray, publiée le 11 juillet 1808, exemplifie le sujet de la rébellion espagnole contre les français, arrivés avec leurs armées après le Traité de Fontainebleau. Mais ils sont combattus par les guérrilleros et l’armée espagnole, qui obtient sa victoire la plus importante à Bailén, quelques jours plus tard de la publication de la caricature de Gillray. C’est le précedent de la convocation des Cortès de Cadix, en 1810.

J’accuse

La dégradation du capitaine Alfred Dreyfus dans la cour de l’École militaire, à Paris, le 5 janvier 1895, est le début d’un film qui reconstitue l’histoire d’un affaire qui essaye de résoudre le lieutenant-colonel Georges Picquart, futur ministre de la Guerre du gouvernement Clemenceau. L’antisémitisme et l’espionnage se mélangent dans un film qui montre la personnalité ambigüe de Picquart, qui trouve le vrai traître, Esterhazy. Mais la diffusion de l’affaire deviendra plus importante à partir de l’article de Zola, “J’accuse” -publié le 13 janvier 1898. Un procès en révision s’ouvre à Rennes en 1899, mais Dreyfus est à nouveau condamné -bien que le président Loubet le gracie plus tard.

En à peine 2h12, Polanski parvient à reconstituer l’atmosphère de l’époque, avec ses préjugés et ses enjeux.

Décennie finale

L’Espagne du règne d’Isabelle II est surtout un régime modéré, sous l’influence de la Constitution de 1845, avec la seule interruption du biennat progressiste (1854-1856). Le manque de liberté d’expression, même la censure et l’influence de nouvelles idées politiques depuis la révolution européenne de 1848, provoquent (pendant la décennie de 1860) le mécontentement et la manifestation des groupes idéologiques qui sont contre la monarchie. Comment finira cette période?

La crise des années 1860 est une crise des élites: Narváez a évolué vers une volonté de fermeture et d’aristocratisation des élites qui allait à l’encontre des principaux libéraux. La couronne est plus qu’intimement liée au système modéré. Les étudiants embrassent la cause du démocrate Castelar; ils se manifestent, ils sont réprimés par la Garde Civile. Les militaires se soulèvent -par la suite de la voie du pronunciamiento, et ils sont aussi réprimés. La crise économique de 1866 amplifie le mécontentement de la population, qui subit les mauvaises conséquences (surtout les couches sociales plus pauvres).

Les opposants de la reine se donnent rendez-vous à Ostende pour précipiter la chute de la monarchie. Si la Monarchie en tant qu’institution est rejetée, la reine elle-même est mise en cause; son impopularité est liée avant tout à la situation de crise économique qui touche un large secteur de la société, aux tensions politiques, à la corruption qui se généralise dans les milieux proches du pouvoir et de la Cour (le groupe de “la camarilla”). Cette impopularité est aussi directement due à la vie privée de la reine, jugée immorale, car ses amants se succèdent; la reine est vue par son peuple comme une femme capricieuse et légère, peu digne du rang qu’elle occupe.

La mort des soutiens de la reine (Narváez, le chef modéré; O’Donnell, le général qui créa l’Union Libérale et devient le chef d’un gouvernement long qui a la volonté de redonner à l’Espagne une place internationale) précipite la chute de la monarchie. Donc, l’Espagne de la fin des années 1860 vit une période de crise politique, économique et sociale. Un soulèvement militaire qui, avec l’appui de mouvements populaires, acquiert un caractère révolutionnaire met fin au règne de la reine Isabel II et ouvre une nouvelle étape d’expériences démocratiques: c’est la Révolution Glorieuse dirigée par Prim, Serrano et Topete.

En conclusion, plusieurs causes justifient la chute de la monarchie: l’usure des partis politiques traditionnels; la progression des idéaux démocratiques; la crise économique qui pousse le mécontentement social; les manifestations des étudiants et la volonté de changement de quelques militaires. En conséquence, la Révolution Glorieuse met fin à plus de 150 ans de Bourbons en Espagne et ouvre une nouvelle, brève période d’essor démocratique: le sexennat révolutionnaire (1868-1874). Ce sera vraiment la fin des problématiques sociales et politiques en Espagne?

Contre l’absolutisme

Le militaire Juan Díaz Porlier, mort à La Corogne en 1815, était le principal instigateur d’un pronunciamiento -le premier pronunciamiento libéral du XIXème siècle-. contre la Restauration absolutiste de Ferdinand VII. L’opération échoue en raison de la trahison d’un groupe de sous-officiers qui y participait. En conséquence, Porlier fut arrêté, condamné à mort puis pendu.

Le manifeste de 21 septembre exprimait bien la volonté du pronunciamiento:

“​Notre but et celui de toute l’Espagne n’est ​ autre ​ qu’une Monarchie soumise aux justes et prudentes lois, et, constituée de telle ​ sorte ​ qu’elle puisse garantir également les prérogatives du Trône et les droits de la Nation. Nous demandons la convocation des Cortès nommées par le peuple, afin qu’elles puissent faire dans la Constitution, proclamée par les Cortès extraordinaires, les changements exigés ​ par la situation, laquelle demande ​ de l’expérience, ​ que ​ nous indiquent les lois constitutionnelles des Monarchies ​ limitées ​d’Europe. Elles rétabliront l’ordre ​ dans ​ notre Économie, elles ​s’occuperont du ​ sort des militaires, elles récompenseront leurs services et assureront leur subsistance ​ pendant leurs vieux jours​ , ​elles feront même apprécier la Nation hors de nos frontières. La noblesse, en rénonçant à une petite partie de ses privilèges, trouvera aussi​ une contre-partie à ​ce sacrifice ​dans ​ les nouvelles dispositions constitutionnelles, qui vont lui donner une existence ​ pacifique. Toutes les classes sociales verront ​ s’ améliorer leur situtation…”

Transition républicaine

L’allégorie de la Seconde République espagnole (la niña bonita) ressemble à la Marianne française; la devise était la même (liberté, égalité, fraternité). Elle présente une tunique blanche de pureté; elle s’est faite accompagner du lion et du drapeau tricolore. L’arc-en-ciel au fond remet à l’idée d’espoir autour du développement de la culture et de la technique. Les valeurs républicaines représentent le sens démocratique qu’il y a au-delà de la figure féminine: le progrès continu -idée éclairée par excelence- assorti avec la garantie du suffrage universel, de la laïcité, du respect des droits fondamentaux…

La Seconde République espagnole s’est proclamée après les élections municipales d’avril 1931; à ce moment là, les partis républicains avaient déjà signé le pacte de Saint-Sébastien afin de renverser la monarchie -au bord de la mort après l’erreur Berenguer (la dictablanda)- et le soulèvement de Jaca.

Diaspora galicienne

La Galice était déjà à l’époque moderne une terre d’émigration. Beaucoup de galiciens ont été obligés de quitter leur pays par des raisons plutôt économiques, mais aussi par des raisons politiques. La Galice ferait partie des pays européens dont les taux migratoires furent les plus élevés despuis 1880, avec l’Irlande et l’Italie.

Pendant le XXème siècle, à partir des années 1950 -moment ou la Galice était encore une société rurale et paysanne, portraitée par Neira Vilas [voir Memorias dun neno labrego], l’émigration recommence vers l’Argentine et aussi vers le Vénézuela; plus tard, pendant les années 1960, le besoin de main d’oeuvre provoque une diaspora vers les régions industrielles d’Espagne (la Catalogne, le Pays Basque,…) et aussi vers les pays du centre-nord de l’Europe (France, Angleterre, Allemagne, Suisse, etc.). La diaspora galicienne compte aujourd’hui avec plus de 500.000 personnes hors nos frontières.

Même si l’Espagne est devenue un nouveau destin d’immigration, il ne faut pas oublier le rôle historique de l’émigration chez nous.

Desastre

Le Desastre de 98 provoque une série de conséquences en Espagne: avec un catastrophisme excessif, elle cesse de se percevoir comme grande puissance européenne et mondiale; on vitupère contre le parlementarisme, contre le « caciquisme », contre la « burguesocracia »…

Barcelona, 1921

O remate da Grande Guerra trouxo a España unha profunda crise económica e social, que desencadeou unha conflitividade notable en cidades industriais como Barcelona. Alí, o pistoleirismo (“terrorismo branco”) medrou diante das reivindicacións anarquistas de sindicatos como a CNT -que loitaba polo establecemento da xeira laboral de 8 horas; o anarquismo tamén utilizou a acción directa. Era un momento de loita social e política, coincidente co desastre militar de Annual (1921), un momento de folgas e corrupción policial (coa aplicación da lei de fugas) que acontece tras o asasinato do primeiro ministro Eduardo Dato [ver video]. A conflitividade social non cesou (mesmo Salvador Seguí morreu asasinado), e a resposta militar chegou da man do pronunciamento de Primo de Rivera, en 1923.

Neste contexto histórico desenvólvese o filme La sombra de la ley, que estes días se proxecta no cine.

40 ans

L’Espagne est prête à commémorer 40 ans de sa dernière Constitution. L’alternance politique, les risques d’involution, la volonté de rejoindre l’Europe démocratique, les succès économiques et sportifs, la foule qui marche sur la rue, les réclamations des indignés… Tout s’organise pour raconter une époque, questionnée de plus en plus.

Décolonisation

L’empire colonial français, commencé au XVIème siècle, est l’ensemble des colonies, protectorats, territoires sous mandat et territoires sous tutelle gouvernés ou administrés par la France. C’est pendant la seconde moitié du XIXème et au XXème siècle quand l’empire s’étend à son apogée, derrière l’empire colonial britannique (l’exposition coloniale internationale de 1931 marque le sommet de la colonisation, avec plus de 10 millions de km²; à la veille de la seconde guerre mondiale, cet empire représentait 5% de la population mondiale à l’époque).

La Seconde Guerre Mondiale a amené un affaiblissement durable du prestige des principales puissances coloniales européennes, car elles ont perdu leur dimension internationale et font plus figures de vaincus que de vainqueurs. De plus, les contradictions entre les positions affichées dans la Charte de l’Atlantique sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la reconduction de l’administration coloniale après la guerre sont manifestes. En outre, la France est très affaiblie économiquement: on n’a plus de moyens financiers pour entretenir un empire colonial très coûteux en investissements; elle doit se focaliser sur la reconstruction de ses propres territoires.

Dans le contexte d’une guerre froide qui avance entre le bloc capitaliste et le communiste, la France n’a pas de stratégie de décolonisation. La Constitution de 1946 (IVème République) organise l’Union Française avec une représentation des territoires coloniaux à l’Assemblée Nationale. Mais la décolonisation va avancer par la guerre, par la force ou par consentement mutuel. Le cas des exemples de guerre les plus caractéristiques ce sont l’Indochine et l’Algérie -ancienne colonie de peuplement conquise à partir de 1830.

En Indochine, la guérilla commence en 1946 entre Hô Chi Minh -soutenu par Mao, à partir de 1949- et la France -soutenue par Washington, qui exige la restauration de l’ex-empereur Bao Daï. Les Français se retirent après leur défaite à Dien Bien Phu en 1954 et les accords de Genève du 21 juillet 1954 mettent fin au conflit et la France est contrainte à quitter le pays. Le Viêtnam est divisé en deux parties: tandis que le nord du Viêtnam passe sous le contrôle communiste du leader Hô Chi Minh, une dictature nationaliste s’installe au sud du 17e parallèle. Mais contrairement à la France, les Américains n’acceptent pas les résultats de la conférence de Genève et restent partisans de l’indépendance du Viêtnam du Sud.

Les indépendantistes algériens se sont renforcés et voient dans l’échec de la domination française en Indochine un encouragement pour se lancer à leur tour dans une lutte armée contre la France. Mais leur position s’est radicalisée dès le 8 mai 1945 lorsque les autorités françaises ont eu recours à la violence et massacré des milliers de personnes à Sétif et Guelma. Le 1er novembre 1954, la «Toussaint rouge», série d’attentats contre des intérêts français et des musulmans pro-Français, marque le début de la guerre d’Algérie. Le FLN (Front de libération nationale) va prendre peu à peu l’avantage sur les autres mouvements indépendantistes. À partir de 1956, la France envoie un contingent; 400.000 soldats français seront chargés du “maintien de l’ordre” dans la colonie; cette politique de répression est soutenue par le milliion de pieds-noirs algériens. Les cruautés se multiplient dans les deux camps (massacres de civils musulmans pro-français par le FLN, recours à la torture par des parachutistes de l’armée française,…). Une fois appelé au pouvoir en 1958, De Gaulle constate l’impossibilité de mettre fin à la guerre. Malgré l’opposition des pieds-noirs et la création de l’OAS, il entame des négociations avec le FLN. En 1961, les Français approuvent à 90% par référendum l’autodétermination de l’Algérie. Le processus d’émancipation aboutit à l’indépendance du pays lors des accords d’Évian signés en 1962.

Rôle féminin

Ayant reçu du passé les révendications de participation politique d’après la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” (1791), signée par Olympe de Gouges, on peut dire que les droits politiques des femmes restent ignorés pendant le XIXème siècle. Pendant la Commune de Paris (1871) se crée le premier mouvement féminin de masse, et à la fin du siècle, des groupes suffragistes utilisent pour la première fois le mot “féminisme”. En Espagne, même s’il y a des textes qui revendiquent l’égalité politique totale -et des pionnières comme Concepción Arenal, le droit de vote est acquis pendant la IIème République, d’après la défense que la députée radicale Clara Campoamor avait fait du suffrage féminin au texte constitutionnel de 1931. En France, ce sera une ordonnance de 1944 celle qui accorde le droit de vote aux femmes.

En Espagne, donc, les femmes ont eu des droits politiques bien avant la France. La tradition vient de loin: les femmes pouvaient être reines de Castille; les Bourbons conservaient la Loi Salique qui empêchait aux femmes l’accès à la royauté.

L’Espagne de la dictature deviendra tellement machiste, même avec l’encadrement sous la section féminine de la Phalange. Par contre, une France démocratique lutte pour la promotion de l’égalité des sexes (il ne faut pas oublier les idées de Simone de Beauvoir); la révolution sexuelle amplifie le droit pour les luttes des femmes après mai 1968, et on avance vers quelques révendications comme l’interruption volontaire de grossesse (loi Veil, 1975).

Même si en 1957 le traité de Rome déclare l’obligation pour les six États membres d’assurer l’égalité des salaires entre hommes et femmes, la lutte pour la parité politique continue et avance à partir des années 1980, une fois que les femmes en Espagne ont repris son droit de vote d’après la Constitution de 1978, elles reprennent le droit du divorce en 1981 et la possibilité d’avortement en 1985.

5R

La Vème République naît en 1958, avec le retour de De Gaulle. Du premier moment, il s’agit d’une république présidentielle. La société d’abondance des années 1960, renforcée par la croissance économique des Trente Glorieuses et l’immigration de travail jusqu’en 1974, est en pleine mutation sociologique. En quoi la politique et la société vont se mettre à jour pendant le dernier quart de siècle?

D’abord, la crise des valeurs anciennes, chez les baby-boomers, provoque un besoin de renouveau dans la société française. Mai 1968 exprime bien la protestation contre une société de consommation de plus en plus maîtrisée par les technocrates. Les accords de Grenelle améliorent les salaires, le SMIG, d’après les luttes ensemble d’étudiants et syndicats.

Ensuite, de 1969 à 1981, les successeurs de De Gaulle furent ses propres ministres. Mais une société de plus en plus ouverte intègre des lois permettant la libéralisation de l’avortement et le divorce par consentement mutuel. C’était l’époque de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (modernisateur de la France du point de vue de la droite), avec la première femme ministre, Simone Veil.

Finalement, la gauche arrive au pouvoir en 1981, avec François Miterrand comme président, et l’alternance commence. C’est la date d’abolition de la peine de mort [+], dans un contexte de renforcement des liens européens vers la création de l’UE et avec des réformes économiques et sociales (réduction du travail hebdomadaire, nationalisations d’entreprises,…) au sein des Vingt Piteuses. La présidence socialiste est la première à expérimenter une cohabitation de Président et premier ministre de différente idéologie. De 1986 à 1988, Jacques Chirac deviendra le premier ministre de Miterrand. Il y a eu d’autres cohabitations après. Pour éviter cela, sous la présidence de Chirac, en 2000, le référendum sur le quinquennat présidentiel a remplacé l’ancien septennat.

En conclusion, la France -encore une grande puissance économique- a changé au niveau socio-politique, pour s’adapter à un contexte d’intégration européenne et mondialisation qui mute les influences du pays. La présidence actuelle, celle de Macron, essaye de faire appel à l’ancienne grandeur réclamée par De Gaulle. Est-ce que cette idée est en concordance avec le nouveau contexte d’économie multipolaire actuel?

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