Valeurs de la République


Lors des événements récents en France -réaffirmation de la laïcité après les attentats de janvier 2015-, on peut bien se demander sur l’origine de ces valeurs, incarnés par la devise “liberté, égalité, fraternité” de la première Révolution Française.
Si bien on peut revendiquer l’émergence de la laïcité pendant la Révolution de 1789, la reaffirmation de celle-ci se produit pendant la IIIème République (1870-1940).
À la fin du XIXe siècle, la France est républicaine. Malgré les crises de croissance qui ont accompagné la naissance de la IIIème République depuis sa naissance en 1870 (Commune de Paris, majorité de monarchistes au début de cette décennie dans la Chambre des représentants, adoption de l’amendement Wallon en 1875 -353 voix contre 352- en introduisant le mot “République” dans la loi constitutionnelle,…), celle-ci paraît enracinée dans le pays.
Les Français se sont alors habitués aux pratiques démocratiques d’un régime qui a introduit le parlementarisme dans les moeurs. L’avènement de la République est le résultat d’une évolution quasi naturelle qui aurait commencé avec la Révolution de 1789 pour s’achever avec l’arrivée des républicains au pouvoir en 1879.
Les valeurs républicaines s’expriment dans la litographie de 1875, laquelle présente la Marianne -avec le drapeau tricolore, le bonnet phrygien et le glaive de la justice- accompagnée par le flambeau de la Raison et deux anges qui portent les planches des Droits de l’Homme et une légende du suffrage universel -toujours masculin jusqu’en 1944- et appuyée par toutes les classes sociales. Déjà à Grenoble, le 26 septembre 1872, le “commis voyageur de la démocratie” Léon Gambetta avait proclamé l’avènement des “couches nouvelles”, ces classes moyennes appelées à jouer un important rôle politique; la confiance de celles-ci va permettre d’asseoir socialement le régime républicain.
Bien que la période 1870-1879 est une période de doute (la majorité des représentants sont monarchistes aux élections de 1870, et le Sénat maintient cette majorité jusqu’en 1879; le président de la République, Mac Mahon (1873-1879), semble se limiter au retour du roi,…) entre monarchie et république, la décennie suivante commence avec l’affirmation de la République.
L’école permet l’apprentissage des valeurs républicaines. On y enseigne une morale civique fondée sur le respect des libertés fondamentales, l’idéal démocratique et l’amour de la patrie. L’école est au coeur du combat pour la laïcité, et les lois scolaires de Jules Ferry de la période 1879-1882 donneront naissance à l’école laïque et obligatoire, une attaque contre l’Église catholique, qui avait soutenu les partisans de la monarchie au début de la Troisième République. Finalement, une loi de 1905 mettra au point la séparation des églises et de l’État.
La Troisième République établit un régime libéral en matière de presse. La loi de 1881 accorde la liberté de réunion publique sans autorisation, et une loi de 1884 légalise les syndicats, sauf au sein de la fonction publique et des corps dépendants de l’État. Sur le plan social, la loi Naquet (1884) rétablit le divorce. La République devient alors laïque et libérale.
Mais la Troisième République devra surmonter quelques crises sévères à la fin du siècle (le scandale de Panama, les attentats anarchistes, l’affaire Dreyfus), surtout celle du boulangisme -mouvement politique soutenu de façon paradoxale par les républicains révisionnistes alliés avec des bonapartistes et des monarchistes désireux de renverser la République. Avec un discours belliqueux et une grande ambigüité, le boulangisme repose sur l’espoir de revanche contre l’Allemagne. Les représentants politiques obtenus par le boulangisme aux élections de 1889 sont minoritaires; un mandat lancé contre le général Boulanger en 1889 -pour complot contre la sûreté de l’État-; le propre général, exilé en Belgique, va se suicider. Tout cela entraîne la perte de soutiens et la disparition du mouvement lors des élections de 1893.
En définitive, les valeurs républicaines ont vaincu et se sont fortement enracinées à partir de la première décennie de la Troisième République, et aujourd’hui on peut faire appel à ce moment là comme le début de continuité de la laïcité et des libertés républicaines en France.

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