L’Islam à la conquête


“Depuis le IXe siècle av. J.C., la péninsule Arabique est un lieu de passage de caravanes qui acheminent l’encens et les épices en provenance d’Inde et de Chine jusqu’aux ports phéniciens. Elles y croisent des éleveurs de dromadaires, dits bedoui (“habitants du désert”) qui comercent entre le Yémen et la Méditerranée tout en imposant leur langue, l’arabe, qui fait partie du rameau sémitique. Ils sont polythéistes et rayonnent à partir d’oasis qui leur tiennent lieu de bases logistiques. (…) La Mecque est alors une de leurs oasis, à la fois lieu de rencontre commercial de diverses tribus et sanctuaire, autour d’une mystérieuse “pierre noire” que viennent vénérer aussi bien polythéistes que juifs, chrétiens et mazdéens.”

Jacques Attali: “L’Homme nomade”.

Au début du VIIème siècle, l’Arabie est surtout peuplée de bédouins nomades, regroupés en clans et en tribus. Ils vivent de leurs troupeaux et du commerce avec la Perse, l’empire byzantin et l’Afrique orientale. Dans les oasis, des populations sédentaires composées d’arabes et de juifs vivent de l’agriculture et de l’artisanat. Le long des voies commerciales, des cités servent de lieux d’étapes aux caravanes. Une des plus actives est La Mecque.

Sans unité politique, ces populations partagent une langue commune, l’arabe; elles adorent de multiples divinités qui personnifient les planètes, et des esprits surnaturels, représentés par des arbres et des pierres. De nombreux sanctuaires jalonnent les routes du commerce. La Mecque possède aussi un lieu de culte qui rassemble les principales divinités des arabes, la Ka’ba.

Né vers 570, Mahomet est issu d’une famille aisée de La Mecque. Vers 610, il a une vision et entend l’archange Gabriel lui souffler qu’il est l’envoyé de Dieu. De ce moment-là, il prèche Allah, Dieu unique. L’hostilité des marchands influents de La Mecque lui fait quitter la ville et aller vers une vieille cité à 350 km au nord: Yatrib, qui va devenir Médine, la “ville du prophète”. La date de cette “émigration” ou Hégire (622) marque le début de l’ère musulmane.

À la mort de Mahomet, ses compagnons de l’Hégire reprennent la direction de la communauté des croyants. Ce sont les califes ou les “Biens guidés”; ils veillent à ce que les révélations reçues par Mahomet soient rassemblées et transcrites dans le Coran. Entre-temps, l’Islam s’est répandu en Arabie et, dès les années 630-640, a commencé à s’étendre vers l’empire byzantin et l’empire  perse qui perdent, au profit des arabes musulmans, de vastes territoires au Proche et au Moyen-Orient, en Égypte et en Libye. Des conflits opposent les compagnons de Mahomet; finalement, Mu’âwiya, en 661, fonde la dynastie des Omeyyades, qui organiseront un État puissant, centré à Damas, en Syrie. En 750, les descendants d’un oncle de Mahomet fondent la dynastie des Abbassides qui installent leur capitale à Bagdad, et qui règneront jusqu’en 1258.

Les musulmans conquièrent la Péninsule Ibérique au début du VIIIème siècle. À partir de ce moment là, leur présence sera très remarquable pendant presque 800 ans, et cela fera ressortir son influence sur la langue, la culture et les moeurs de la société hispanique.

Les armées musulmanes qui ont envahi la Péninsule étaient surtout composées par des berbères, mais dirigées par une minorité d’origine arabe. Ils traversent le détroit de Gibraltar en 711 pour conquérir le royaume des wisigoths. Les wisigoths étaient en pleine guerre civile (entre Rodrigo et Witiza), et les musulmans se battent contre le roi Rodrigo, qui est mort à la bataille du Guadalete.

Les armées musulmanes, avec Tariq et Muza en commande, ont occupé très rapidement le territoire, les villes principales d’Andalousie et la capitale du royaume, Toledo. En sept ans, les musulmans avaient le contrôle de presque toute la péninsule, sauf les aires de montagne ou dépeuplées. Quelques nobles et prêtres hispano-wisigoths, avec une petite partie de la population, se sont réfugiés dans les montagnes du Nord, en Asturies, et là commencera la Reconquista. La plupart de la population n’offre aucune résistance. La noblesse fait la paix pour conserver ses terres et son pouvoir. Les paysans, tout simplement, ils changent de maîtres.

Maîtrisé le territoire (nommé al-Andalus par les musulmans), celui-là dévient une province ou Émirat dépendant du Califat Omeyyade de Damas. Cordoue dévient la capitale, à la tête de laquelle se détache un wali (gouverneur). Les armées musulmanes continuent la lutte plus au nord des Pyrénées, mais elles supportent la défaite à Poitiers (732), contre le roi mérovingien Charles Martel.

Déposés les Omeyyades à Damas et substitués par les abbassides à Bagdad, le dernier membre des Omeyyades, Abd-al-Rahman I (756-788), s’établit à al-Andalus et proclame l’Émirat indépendant. Cela veut dire que l’autorité politique reste à Cordoue, pendant que l’autorité religieuse du calife de Bagdad est respectée.

Pendant ce temps, il y a beaucoup d’affrontements avec la population hispanique chrétienne (les mozarabes). En 929, après avoir maîtrisé quelques rébellions de la population chrétienne du Nord (León, Navarra, Castille), l’émir Abd-al-Rahman III se proclame calife, en créant le Califate de Cordoue (929-1036), le temps du plus grand développement économique (essor des terres irrigables, des ateliers de tissus, du commerce,…) et culturel d’al-Andalus.

L’unité du califat se casse au-delà de 1008, de telle façon que le territoire est partagé en plus de 25 royaumes, les taifas, une espèce de villes-état dépendantes d’un centre économique qui est la ville centrale. Les plus importantes sont celles de Sevilla, Toledo, Badajoz, Zaragoza, Tortosa, Denia et Granada. Malgré les aides des musulmans qui venaient du nord de l’Afrique (almoravides et almohades), le progrès de la Reconquista chrétienne sera très remarquable pendant le XIIIème siècle.

La taifa de Grenade va être la seule qui survie à l’avance des royaumes chrétiens. La dynastie nasride (nazarí) maîtrise ce territoire jusqu’à la conquête de Grenade en 1492.


– Voici des diaporamas et exercices proposés par Marie Desmares.

– Belles photos de l’Alhambra, d’après le blog de Maria-Eva Ferlandez.

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