Quartiers et périphérie


    

Avec sa croissance, la ville devient scène d’une variété d’espaces qui nous portent du centre à la périphérie.

“Les quartiers de CBD, de taille réduite ne constituent qu’un seul aspect de ce que l’on appelle le “centre-ville”.  Les autres quartiers d’une ville ancienne, quelle que soit sa taille, possèdent des caractères communs. Les quartiers primitifs d’une ville possèdent une très grande signification: ils symbolisent le plus souvent la cité elle-même. La richesse historique de ces endroits constitue l’un des facteurs majeurs de la localisation touristique. Dans ces centres historiques, la résidence peut constituer une fonction importante. À Paris, l’Île Saint-Louis, l’un des plus vieux quartiers de la capitale, a connu en 1998, une hausse des prix du logement de près de 20%. La vue, ou la proximité d’un lieu célèbre, devient une source de plus-value; dans les quartiers où le tourisme est développé, la fonction commerciale devient prédominante. En revanche, nous savons déjà que l’installation de bureaux et la disparition de commerces découragent les habitants. Dans ce cas, le quartier perd, le soir, ses travailleurs et son animation et, en définitive, sa spécificité de “quartiers espace de vie”. Les quartiers qui abritent monuments comme la Maison-Blanche ou l’Élysée deviennent symboles d’une identité nationale. Le développement d’un tourisme de masse a provoqué un essor spectaculaire des flux de voyageurs vers les quartiers culturels du centre-ville. À l’intérieur d’un espace délimité par la Tour Eiffel, le quartier Latin, Le Louvre et Montmartre, on compte plus de 500.000 touristes à l’hectare par an. La plupart des villes historiques se développent avec des enceintes qui se succèdent sur un plan radioconcentrique.

Dans le centre ville il y a aussi des ghettos et dégradation. La crise d’un quartier de Barcelone, en Espagne, constitue une excellente illustration de l’évolution de plusieurs quartiers dégradés. Le Barrio Chino enclavé dans le quartier du Raval es un espace proche du port et fait partie de la vieille ville. Au XIXe siècle, des familles riches y vivaient encore; elles vont quitter progressivement le centre pour s’installer à l’extérieur. Au début du XXe siècle, cette vieille cité est composée de petites ruelles: près de 200 ont moins de 3 mètres de large et 400 n’atteignent pas les 6 mètres! Ce quartier du Raval possède des densités très élevées jusqu’aux années 1960. À cette époque, sur des espaces exigus, on totalise 117.000 habitants! Proche du port, il attire des immigrés, des clandestins, mais la population diminue inexorablement: elle dépasse à peine 30.000 habitants au début des années 1990. Le logement bon marché sélectionne une population modeste ou pauvre: immigrants ou personnes âgées qui ne veulent pas quitter son quartier. La dégradation des logements, à la fois cause et effet, constitue l’aspect le plus visible de cette paupérisation. Dans les années 1980, environ 5% seulement des immeubles étaient postérieurs à 1940! La dégradation du quartier s’est accompagnée d’une prolifération des trafics dangereux, de la drogue en particulier.

Mais les centres ont connu aussi un renouveau. Il se produit, dans un certain nombre de villes ce que l’on peut appeler un phénomène de “parisianisation”, c’est-à-dire la restauration de certains quartiers bien placés, occupés autrefois par des catégories favorisées comme Russian Hill à San Francisco (cette colline a été appelée ainsi car elle fut utilisée comme cimetière par les marins russes avant de devenir un quartier d’écrivains et d’artistes). Ces zones rehabilitées  possèdent toutes un potentiel intéressant qui permet la spéculation sur les terrains, la hausse des prix et le départ des catégories à faible revenu. C’est dans cette mesure que l’on parle plus exactement de gentryfication, c’est-à-dire le retour d’une certaine “aristocratie”. La reconquête de ces quartiers ne peut se comprendre sans rappeler sa liaison avec la vitalité d’un CBD. Situé au coeur de la ville, il reflète la puissance de celle-ci; il est aussi source d’emplois tertiaires spécialisés.

Les clivages sociaux, qui ne sont pas le monopole des pays du “Sud”, présentent néanmoins dans ces pays une brutalité qui est sans commune mesure avec que l’on recontre au “Nord”. En Afrique, en particulier, l’exode rural rapide, les fortes natalités, les différenciations ethniques, provoquent une carence dramatique en logements. Le développement du prix des terrains dans le centre, les spéculations immobilières alimentées par l’abondance de capitaux, entraînent une sélection impitoyable. On peut souligner en se limitant à la ville intra-muros, plusieurs types de quartiers:

a) Les plus favorisés, réservés aux catégories riches qui peuvent s’éloigner du centre en fonction de la beauté du site (collines, vue sur la mer, etc.).

b) Les classes moyennes, trop peu représentées dans le “Sud”, habitent souvent des immeubles, c’est-à-dire des appartements: c’es le cas du “Grand Dakar”.

c) Les quartiers populaires sont très variés, fractionnés à l’extrême et dispersés depuis le centre jusqu’aux périphéries lointaines. Les catégories sociales pauvres sont le plus souvent rejetées à la périphérie de la ville. Toutefois, la misère est aussi très grande dans des quartiers du centre très proches de la ville moderne; en effet, les nouveaux  arrivants viennent tout d’abord près du centre.

Le terme banlieue est très ancien: il désigne dès le XIIIe siècle, l’espace d’une lieue autour de la ville où s’exerçait le droit de “ban” du seigneur. Le mot a été utilisé, dès le XVIIe siècle, pour désigner les campagnes et les villages entourant une grande ville. Ces banlieues ont vite été dépassées par un tissu urbain complexe qui s’étend très loin au-delà de la ville. On est donc passé de l’agglomération elle-même à une “aire urbaine” difficile à définir. Surtout après les années 1960, les villes gonflées par la croissance démographique vont croître bien au-delà des banlieues. Le besoin d’espace, les effets pervers provoqués par la circulation urbaine, aboutissent à une autre phase de l’extension: les villes vont “s’étaler” très largement se mêlant aux zones rurales.

La métropole moderne a éclaté hors des faubourgs de la cité, elle est multipolaire, quadrillée par des réseaux de transports, habitée par des populations beaucoup plus mobiles. Aujourd’hui, la morphologie de l’habitat urbain revêt des formes multiples, en mêlant des constructions horizontales et verticales.

Les formes d’habitat les plus sommaires, les plus pauvres sont, aujourd’hui à la fois diverses et généralisées dans les pays en voie de développement et dans certains pays industriels. En realité, l’expression générale de bidonvilles recouvre des réalités très différentes. En effet, non seulement ces logements sont extrêmement variés, mais surtout il existe une hiérarchie dans les niveaux de pauvreté des habitants; cet habitat “informel”, juridiquement il s’agit de constructions non réglementées, occupe des surfaces considérables, surtout dans les villes du Tiers Monde.

Par contre, les gratte-ciels deviennent  les symboles du monde des affaires. Les grands ensembles, en revanche, les immeubles collectifs destinés à la résidence, correspondent à des structures sociales différentes. Dans le premier cas, les CBD symbolisent la puissance et le prestige; dans le second cas, il s’agit de constructions périphériques, isolées, souvent refuge des catégories défavorisées. Dans tous les cas, les constructions verticales se sont développés pour plusieurs raisons: a) le progrès technique élabore des matériaux nouveaux qui permettent à la verticalité de s’imposer; b) l’essor de la verticalité est également lié à la cherté des sols urbains et à la volonté de minimiser les coûts en logeant les habitants en étages superposés. Le principe des HLM, dès les années 1950, repose sur ce principe d’économie.”

Inspiré en Jean-Pierre Paulet: “Manuel de géographie urbaine”.

* Regardez ce résumé de Géographie urbaine, en attendant surtout aux plans des différentes villes.

* Regardez un glossaire de géographie urbaine selon François Arnal. Et encore un lexique plus essentiel.

* V0yez l’influence de la proximité au centre-ville sur les prix du sol. Et aussi la diversité des formes urbaines selon les régions.

* Tracez votre ville idéale.

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