Urbanisation


  

“Jusqu’à une époque relativement récente la population mondiale était essentiellement agricole. La “ville moderne” naît avec les révolutions industrielles, le développement des moyens de communication, l’exode rural. L’Europe et l’Amérique du Nord connaissent, au XIXe siècle, une urbanisation rapide. À l’echelle mondiale, en 1850, le taux d’urbanisation n’est que de 6,4%: en 1900 il ne dépasse pas 14%. Au milieu du XXe siècle, 30% seulement des habitants de la planète étaient considérés comme “urbains”. Cette croissance est désormais de plus en plus rapide. Une date, que l’on peut qualifier d’historique, se situe en 2007: d’après l’ONU et la Banque Mondiale la moitié de la population mondiale est désormais composée de citadins. Cette progression doit se poursuivre et les estimations les plus sérieuses évoquent 60% d’urbains en 2030!

Il est cependant difficile d’expliquer des paysages de plus en plus complexes et artificialisés. Avec l’étalement des villes on peut se demander si la mondialisation ne conduit pas à un phénomène urbain généralisé? (…) Aujourd’hui, la séparation ville/campagne devient complexe et n’a plus de sens en termes de mode de vie. Il ne faut pas oublier, que dans les pays du “Sud”, des masses paysannes considérables existent toujours. Dans les pays développés on parle, depuis longtemps déjà, du “rural non farmer”: on loge à la campagne et on travaille à la ville. L’agriculture elle-même devient une industrie. L’artificialisation du monde exige de l’espace et la pression de l’homme sur les milieux ne cesse de s’accroître. (…) Cet accroissement (des villes) est particulièrement fort dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement. En Afrique, la population des villes a été multipliée par 11 entre 1950 et 1997 et, dans un avenir proche, un Africain sur deux vivra en ville. Cette forte croissance a de nombreux effets inquiétants: destruction des écosystèmes, accroissement des risques, prolifération des taudis et des populations démunies à la périphérie des cités. L’ONU prévoit, si la situation ne se modifie pas, près de 1,4 milliard d’habitants s’entassant dans les bidonvilles en 2020. Déjà, aujourd’hui, plus de 40% de la population des villes indiennes habite dans ces zones misérables. (…)

L’urbanisation touche particulièrement les “Sud”: le “développement durable” suppose la disparition du mal-développement, de l’injustice ou des guerres qui paralysent des États entiers. Par exemple, un pays africain sur quatre connaît des conflits armés et plus de quinze millions de personnes doivent émigrer pour cette raison. La croissance économique a des effets souvent pervers et elle suscite des inegalités. Le succès de l’émigration, par exemple, vers les villes entraîne tout naturellement une augmentation du nombre de citadins démunis: ainsi, en Chine, le taux de pauvreté s’accroît dans les villes malgré une forte croissance économique: la ville reflète donc les contrastes sociaux. En revanche, les quartiers de luxe se multiplient dans toutes les grandes cités: par exemple à Londres, New York ou Moscou: cette dernière agglomération va devenir l’une des villes les plus chères du monde car les “milliardaires” s’installent désormais dans de luxueux quartiers.”

Jean-Pierre Paulet: “Manuel de géographie urbaine”.

* Regardez l’éclatement de l’urbanisation selon ce document.

* Regardez des activités sur l’urbanisation dans le monde.

* Résumez ce document sur l’urbanisation dans les pays en développement.

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