Localisation des industries


   

Il y a des différentes localisations industrielles au monde actuel, selon Bernadette Mérenne-Schoumaker:

1) Les vieilles régions industrielles sont des espaces où l’industrie a été un moment le moteur principal de la croissance économique et démographique et qui connait depuis les années 1950 une phase de difficultés suite à la disparition massive d’emplois dans les secteurs d’activités traditionnelles, qui n’ont pas été spontanément compensées au fur et à mesure qu’elles se produisent  par l’essor d’autres branches, industrielles ou non. Les régions concernées connaissent alors généralement des taux de chômage plus élevés que les autres parties de l’Etat auquel elles appartiennent et/ou des balances migratoires déficitaires. Il est évidemment a priori plus probable de rencontrer ce type d’espace dans les pays de l’Europe occidentale où l’industrialisation est souvent ancienne. Mais des exemples existent aussi en Amérique du Nord, au Japon, en Europe centrale, en Ukraine… Les complexes industriels de ces régions ont souvent été mis en place au siècle XIX ou au début du XX. Ils présentent généralement quatre traits spécifiques: – la présence d’une industrie de base dominante et motrice: sidérurgie, industrie chimique, industrie des métaux non ferreux, industrie textile; – une certaine diversité industrielle liée au processus de croissance du complexe et aux relations de dépendance entre les firmes; – une concentration spaciale assez forte; – une organisation dense et développée des moyens de transport, des services commerciaux et des banques.

2) les façades et pôles littoraux ont depuis longtemps des industries en rapport avec les produits de la mer et du littoral (conserves de poissons, matériaux de construction,…), construction navale, des centrales électriques (aprovisionnées en charbon ou en fuel par bateau) ou encore des industries traitant les produits importés  des “colonies” (corps gras, produits tropicaux,..). Depuis les années 1960, l’industrialisation des littoraux a pris un ampleur considérable tant des pays développés que dans le Tiers Monde et s’est traduite par l’emergence de grands pôles ou de façades. L’essor de ceux-ci repose souvent sur un triple mouvement: croissance du secteur pétrolier, transfert vers le littoral de grandes industries de base et choix de plus en plus fréquent d’une localisation littorale par des activités diversifiées (comme l’industrie automobile, mais aussi dans le Tiers Monde le textile, l’électronique,…). Cette évolution dénommée généralement maritimisation de l’économie s’explique par la conjonction de cinq facteurs principaux: – les avantages offerts par des sites en termes de transport: multimodalité, réduction de nombreux coûts; – les disponibilités en terrains: vastes zones au coût souvent peu élevé, sans réelles difficultés de voisinage avec les populations; – les synergies possibles entre activités; – les politiques des pouvoirs publics qui ont aménagé un peu partout des ZIP. Ces pôles de croissance revêtent en général trois formes majeures: a) de grandes façades littorales de plusieurs centaines de kilomètres (mer du Nord, mégalopole américane, mégalopole du Japon; b) des complexes industrialo-portuaires centrés sur un pôle (Singapour, Shanghai); c) des implantations plus élémentaires souvent mono-industrielles (par exemple, Arzew en Algérie).

3) Les complexes et pôles technologiques sont apparus dans les années 1950 aux États-Unis puis, surtout depuis 1975, se sont largement diffusés à travers le monde développé et les pays émergents. On parle de trois catégories: a) les complexes industriels de haute technologie issus de milieux innovateurs, localisés dans des zones de développement récent comme la Silicon Valley ou dans des régions de tradition industrielle comme la Route 128 à Boston; b) les cités scientifiques ou complexes strictement dédiés à la recherche scientifique sans liens directs avec l’industrie: Akademgorodok en Sibérie, Tsukuba au Japon, Taedok en Corée du Sud et la Cité des Sciences dans la région de Kansai au Japon;  c) les parcs technologiques regroupant des firmes de haute technologie et des centres de recherche publics ou privés dans des espaces privilégies (Hsinchu à Taïwan, Sophia Antipolis en France ou Cambridge au Royaume-Uni. Les facteurs de succès des grandes tecnopôles sont: la présence conjointe sur un même site de centres de recherche publics ou privés et d’entreprises  tournées vers les hautes technologies; la présence d’un réel “capital humain”: scientifiques, ingénieurs,…; des services variés et de qualité; des transports modernes: autoroutes, aéroports, télécommunications…

4) Les districts industriels sont des concentrations régionales d’industries manufacturières généralement articulée autour d’une activité dominante, avec des entreprises très spécialisées opérant entre elles une réelle division du travail avec un subtil mélange de coopération-concurrence-émulation et dont la croissance est principalement endogène.

5) Les aires métropolitaines sont des lieux qui maximisent les contacts entre entreprises, l’accessibilité,… Une métropole est toujours une ville-région qui a une structure toujours multipolaire comme l’exemple de Los Angeles.

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